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15 ans d’expérience en une soirée

Le 10 août dernier 2018, le monde du rugby et du sport était bouleversé. Louis Fajfrowski, 21 ans, joueur du Stade aurillacois, mourait sur la pelouse du Jean-Alric en plein match de préparation. La Montagne, où je travaille, avait sorti l’information en exclusivité, récit d’une soirée enrichissante mais éprouvante.
Fin de journée au service des Sports de la Montagne. Nous sommes samedi soir et je m’apprête à partir mais comme souvent les week-ends un petit repas improvisé entre collègues se tient. Mon collègue, Manuel couvre pendant ce temps le match de préparation de l’ASM contre Toulon.
A la fin de la première mi-temps, Frédéric, le chef du service arrive, paniqué et déclare : « Louis Fajfrowski est mort pendant le match contre Rodez ». Stupeur dans la rédaction, tout le monde est sous le choc.
Pourtant, ne connaissant pas le joueur, je ne mesure pas encore la gravité de la situation. Sur le coup, tout s’accélère, il évolue à Aurillac, une équipe auvergnate voisine, le sujet est bouillant et nous concerne directement.
J’ai immédiatement la responsabilité de rédiger le temps fort qui annonce le décès du joueur. Un poids immense.
D’autant plus que je m’identifie à ce jeune homme, qui a le même âge que moi mais il faut rapidement que je me ressaisisse et que je prenne de la distance, c’est essentiel pour décrire les faits.
Aidé de Jean-François, un collègue expérimenté, je rédige, non sans difficulté, l’annonce du décès aussi vite que possible.
Finalement, nous publions l’article en premier, il est repris par L’Equipe et l’objectif est finalement atteint. Je ressors de cette journée complètement lessivé aussi bien physiquement que moralement. La meilleure école c’est le terrain, ce jour-là cela s’est vérifié. Comme une impression d’avoir engrangé 15 ans d’expérience en une soirée.

Sur les terres du rugby, le football veut sa part du gâteau

C’est bien connu, le cœur de Clermont-Ferrand et de ses alentours bat pour le rugby. Avec l’ASM, en tête de file, mais également le CA Brive et le Stade Aurillacois, c’est bien le ballon ovale qui domine dans ce coin de la France. Finalement, c’est une des seules zones de l’Hexagone avec, le Pays Basque où le rugby règne sur le football. Alors il est intéressant de s’interroger sur le pourquoi du comment et de se pencher sur ce phénomène. Et donc plus particulièrement à Clermont et ses environs où le rugby résiste à l’hégémonie du football.

Mon étude, va porter sur le travail effectué par les clubs de football pour se faire une place, tant bien que mal, face à l’ogre rugby. Du Clermont Foot à l’Etoile Sportive des aiglons brivistes, en passant par le Football Club Aurillac-Arpajon, comment fait-on pour exister sur les terres du rugby ?

Alors que le football et le rugby, sports collectifs, les plus populaires en France, se livrent une petite guerre sur fond de valeurs et d’intérêt, y’a-t-il une réelle possibilité de cohabitation pour deux clubs de ces disciplines dans une même ville ? Des exemples existent et permettent d’affirmer que oui. Cependant, il semble que le désintérêt et le mépris pour le football soient si forts dans cette partie de la France que la messe semble d’ores et déjà dîtes.

Pour autant, cela n’empêche pas ces clubs mal aimés de se battre, corps et âmes, pour être reconnus et susciter de l’intérêt. Comment s’y prennent-ils, par quels moyens, ces objectifs sont-ils atteignables ?

Ce blog a pour but de montrer les efforts visant à populariser le football dans une région qui semble le rejeter et de mettre en lumière les raisons de cette brouille pour le football dans ce coin de France où il est roi.