©Richard Brunel

Pascal Gastien, l’attrait par le jeu

Arrivé à la tête du Clermont Foot, par défaut, après le départ de Corinne Diacre pour l’équipe de France féminine, Pascal Gastien a légitimé sa prise de poste grâce à des résultats et une philosophie de jeu portée sur la possession.

Premier sur le terrain d’entraînement annexe du Montpied, Pascal Gastien est apparu détendu et tranquille, comme toujours. Habillé du maillot d’entraînement rouge, réservé aux entraîneurs, il a salué journalistes et supporters, un par un avant de pénétrer sur le rectangle vert qui a fait son bonheur la saison dernière.

C’était le 1er septembre 2017, Pascal Gastien alors Directeur du centre de formation du Clermont Foot est nommé à la tête de l’équipe première. Une promotion surprise consécutive au départ de Corinne Diacre pour l’Equipe de France féminine. Entraîneur de Niort, puis de Châteauroux, le natif de Rochefort voyait une belle opportunité s’offrir à lui.

La suite ? Une succession de réussites lors d’une saison 2017-2018 historique où le Clermont Foot a fait tomber un par un les records du club et a terminé à une honorable sixième place. Une réussite si importante qu’elle a effacé les souvenirs douloureux des expériences précédentes de l’entraîneur auvergnat.

« Les joueurs que j’entraîne m’ont réconcilié avec le football. Je suis vraiment fier de ce que l’on a fait, de notre saison, de ce que l’on a pu créer comme jeu et d’avoir offert des émotions aux Clermontois. »

Car c’est un homme blessé, par des expériences passées douloureuses à Niort et surtout à Châteauroux, qui a révolutionné le jeu des « rouge et bleu ». Un homme qui a douté et connu des mois de chômage avant de reprendre le centre de formation du Clermont Foot et d’être propulsé au poste de chef d’orchestre. Et l’orchestre, il l’a manié d’une main de maître en prônant un jeu de possession et de mouvement.

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Pascal Gastien est en réalité un esthète, un amateur du beau jeu et un passionné du ballon rond qui met l’intelligence de jeu, au-dessus de tout, comme il le déclarait pour So Foot en mai dernier.

« Une fois que le coup d’envoi est donné, on ne peut plus intervenir. L’intelligence de jeu, le QI du football est un long travail, sur la qualité des déplacements, la recherche de l’espace… Mais quand vous arrivez à maîtriser ça dans votre équipe, la performance d’ensemble s’en ressent. C’est en tout cas ce que je pense. L’efficacité passe par l’intelligence de jeu. »

Et s’il semble avoir une vraie philosophie de jeu, il n’en oublie pas de se remettre en question et d’analyser ce qui pourrait être perfectible. L’homme se couchant à 3 heures du matin et se levant à 7 heures, vit le football et prend le temps d’étudier ce qu’il pourrait améliorer. La preuve avec une remise en question intervenue dès le début de l’exercice 2018-2019.

« La saison dernière on a peut-être manqué de variétés dans notre jeu ou notre organisation, donc on va travailler ça. Il faut que l’on ait plusieurs cordes à notre arc. »

Quoi qu’il en soit, la base de la réussite est claire pour le technicien clermontois, le travail. Car pour assimiler son plan de jeu et réussir, cela passera par un dur labeur.

« Je leur ai dit qu’il n’y avait pas de secret, oui on a fait une bonne saison l’année dernière, mais ça ne nous assure rien du tout. Si l’on ne met pas tous les ingrédients comme le travail, l’enthousiasme, l’écoute et la qualité, on ne renouvellera pas ce que l’on a fait la saison dernière. Ce sera une question de volonté et de travail. »

Pas de doute, Pascal Gastien sait où il veut aller, et s’il a déjà avoué – toute proportion gardée – s’inspirer du FC Barcelone, il a en tout cas la mentalité et la philosophie pour amener le Clermont Foot plus loin qu’il ne l’est déjà.

©Richard Brunel

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