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Julien Laporte, un choix inédit au pays du rugby

Originaire d’Aurillac, véritable terre de rugby, Julien Laporte a pris les traditions de cette ville du Cantal à contrepied pour choisir le football. Une décision payante, puisqu’il est aujourd’hui le capitaine du Clermont Foot*, dans une ville de…rugby.

Il dégage une assurance naturelle, essentielle à son rôle de capitaine du Clermont Foot*, ville où la passion et les cœurs sont tournés vers le rugby et son club, l’ASM. Défenseur propre et appliqué, Julien Laporte est grand, élancé et souriant. Pas de tatouage qui orne ses bras ou de fantaisies capillaires, le jeune homme de 24 ans est quelqu’un de simple et de réservé mais il sait ce qu’il veut.

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Rapidement, sa volonté passe par le football, dans une ville de rugby, celle d’Aurillac. « Même avant de marcher, je voulais avoir un ballon », assure-t-il. Lorsque l’on évoque sa passion pour le football, on la sent sincère, tant les mots employés sortent instinctivement. Ce choix du football a été orchestré par son père, son « premier entraîneur » qui a rendu les choses « naturelles » selon l’actuel numéro 15 du Clermont Foot*.

Le hasard ne fait pas forcément bien les choses puisqu’après avoir quitté le Cantal et un passage en pré-formation à Vichy, il se retrouve à Clermont-Ferrand. Ici, le rugby surpasse encore un peu plus le football puisque le CF63 cohabite avec un ogre, l’ASM. Double championne de France, finaliste de coupe d’Europe et véritable institution en Auvergne et dans l’hexagone. Pourtant Julien Laporte l’assure : « à aucun moment je ne me suis dit « Je vais aller dans un petit club où on ne s’intéresse pas trop au foot », Clermont s’est présenté, c’était juste l’opportunité parfaite ».

Petit à petit, il s’affirme et découvre le monde professionnel sous la houlette de Corinne Diacre avant de devenir capitaine au début de la saison, grâce à l’entraîneur actuel du club clermonois, Pascal Gastien. L’an passé, il était l’un des hommes forts de l’équipe et a largement contribué à la sixième place finale de son équipe, aux portes des play-offs.

Une année qui a vu le Clermont Foot développer un jeu léché suscitant un engouement certain dans la métropole des Arvernes, même si cette année, l’affluence a retrouvé sa normale au Montpied. « Historiquement, les gens viennent quand il y a des résultats », concède-t-il. Mais Julien Laporte ne désespère pas pour autant, il sait par quoi l’allant populaire passera. « Je pense que si l’équipe arrive à passer un cap, finir dans les 5 premiers et avoir des gros matchs à enjeu sur la fin de saison, ça donnera envie aux gens de venir. » La solution, Julien Laporte et le Clermont Foot l’ont, elle passera par les résultats.

*L’entretien a eu lieu en novembre 2018 alors que Julien Laporte était encore joueur du Clermont Foot. Il évolue désormais au FC Lorient.

©Richard Brunel

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La découverte du Jean-Alric

Aurillac, nouvelle destination et même problématique. Le cœur des Cantaliens bat pour le Stade, l’équipe de rugby évoluant en Pro D2, deuxième échelon du rugby national. Découverte de l’antre des « rouge et bleu », le Jean-Alric.

En ce 22 mars 2019, le Stade Aurillacois reçoit Provence Rugby au Jean-Alric que je découvre pour le première fois. Une rencontre déterminante pour le club local luttant, comme depuis quelques saisons, pour son maintien. Après une finale d’accession pour le Top 14, jouée en 2016, le Stade s’est enlisé dans une situation plus délicate, celle de la seconde moitié du classement. C’est donc le maintien que les hommes de Thierry Peuchlestrade doivent jouer et particulièrement lors de cet exercice. La rencontre face à Provence-Rugby, concurrent direct est d’une importance capitale.

Pourtant, à l’arrivée au stade Jean-Alric, l’ambiance est détendue, légère. Les beaux jours sont revenus dans un Cantal, d’habitude si glacial, et le soleil se couche doucement alors qu’il est déjà 19 heures. En arrivant je découvre une belle enceinte. L’écrin, dont l’une des tribunes a été rénovée deux ans plus tôt, est comme neuf, malgré sa création en 1924. Les couleurs du club, le rouge et le bleu, ornent de façon disparate les sièges et donnent un rendu visuel plus que réussi.

Ici, pas de manières, le club cantalien se veut familial et ouvert aux autres. C’est ainsi que les portes du stade et les coulisses de l’avant-match nous sont ouverts sans restriction aucune. Une liberté tranchant totalement avec mon expérience précédente à l’ASM Clermont Auvergne où le respect des règles et la politique intimiste se rapprochent du monde du football.

On nous offre la possibilité et le privilège de nous déplacer à notre guise dans le décor d’un stade aussi récent et agréable à l’intérieur qu’à l’extérieur. Nous avons la possibilité d’alpaguer n’importe quel acteur du Stade aurillacois. Ceux-ci prennent le temps de répondre, d’échanger, démontrant les valeurs de l’ovalie. « Bon vous faites quoi ce soir ? Vous assurez le maintien ? », lance mon collègue Nourredine à l’entraîneur principal, Thierry Peuchlestrade. « Ce serait pas mal ouais, on ne joue pas pour perdre », lui répond-il plein de malice.

Le coup d’envoi se rapproche et nous regagnons notre place pour suivre la rencontre. La tribune de presse du stade Jean-Alric est l’une des meilleures qu’il m’ait été donné de voir. A dix mètres et une dizaine de rangs de la pelouse, la vue est excellente. Là encore, je ne m’empêche pas de faire la comparaison avec le Marcel-Michelin de l’ASM où l’espace réservé à la presse est bien plus haut.

Les deux équipes rejoignent les vestiaires, le match décisif ne semble pas mettre sous pression les joueurs, dirigeants, spectateurs du Stade aurillacois. En tribune, on alterne entre une bouchée de sandwich et une gorgée de bière. Les (nombreux) blessés du club prennent place non loin de moi, sans oublier de plaisanter avec mon collègue et d’envisager leur retour à la compétition.

Les trente acteurs de la rencontre pénètrent sur le terrain, Joris Segonds donne le coup d’envoi d’une rencontre que le Stade aurillacois remportera largement 36 à 10. Que la troisième mi-temps commence.